vendredi 29 mai 2009

Pa & Laume au Crazy Horse Saloon

Je ne suis pas un mari des plus romantiques. Evidemment, j'ai eu mes moments de gloire. Des idées qui me sont venus d'un coup pour préparer une surprise ou offrir un cadeau.
Mais je ne remplis pas mon quotidien de petites attentions pour ma belle. Alors qu'il lui arrive, à certaines périodes, de m'offrir des petits présents ou attentions de manière très rapprochée.
Pour me faire pardonner, j'essaye d'organiser de temps en temps (très rarement en fait) des moments ou je me donne à fond, multipliant les cadeaux ou les surprises.
Le calendrier de l'avent fut l'un de ces moments.

Pour notre anniversaire de mariage, je m'étais promis de faire quelque chose. Les derniers mois, nous les avions passés entre maladies et problèmes de nounou.

J'ai donc indiqué à Pa que je m'occuperai de l'organisation de cette soirée. Elle me fit promettre de ne pas la partager avec un autre couple. Cette soirée serait la notre et uniquement la notre.
J'ai eu la chance de tomber sur un article pour le Crazy Horse Saloon et la venue de Dita Von Teese. Je ne savais pas ce qu'allait en penser Pa, mais pour ma part, j'avais toujours voulu voir à quoi cela ressemblait. Pour Dita, c'était trop tard, mais ca valait quand même le coup d'aller découvrir un lieu aussi mythique.

Places réservées début avril pour y aller le 27 mai.

Au fond de moi, je me disais le 27 mai, c'est un mercredi. Avec un peu de chance, le spectacle lui plairait, l'émoustillerait et nous irions au Moon City ensuite.

Vous allez dire que je ne pense qu'à ca. Mais en fait, c'était surtout pour finir la soirée dans un lieu qui a fait changer notre vie durant cette 3è année de mariage.

Une semaine après avoir acheté les places, Pa me demande si on peut essayer de chercher les musiques qui servent au spectacle du Crazy Horse. Hasard total. Elle veut préparer un billet pour le blog en rapport avec la musique. Elle veut me faire une surprise, elle qui n'écrit jamais. Mais elle a besoin de moi pour l'aider à trouver ces musiques.
J'en profite donc pour tâter le terrain. Ces premières réactions n'augurent rien de bon. "C'est ringard", "II n'y a que des vieux qui y vont", …

Je prends sur moi.

On verra bien.

Donc, nous voila à mercredi. Je sors du travail assez tôt et je m'arrête prendre des fleurs. Compte tenu du goût très sur de Pa concernant les compositions florales, je préfère prendre de simples roses.
Elle adore les fleurs, a failli en faire son métier. Donc lorsqu'on passe devant un fleuriste, elle ausculte les créations sans ménagement. 3 roses rouges, c'est limiter les risques. Même si finalement, je sais que peu importe ce que je lui offre, elle sera contente. La aussi, je fais défaut et je ne lui rapporte jamais de fleurs.

Je monte rapidement à la maison, voit la baby-sitter qui joue déjà avec notre fille et presse ma belle pour qu'elle passe sa tenue rapidement. Rejoindre le centre de Paris à cette heure là n'est jamais aisé. Je pose discrètement le bouquet sur le lit, et fait mine de rien. Lorsqu'elle le voit, elle me rejoint et m'embrasse fougueusement.
Première étape passée avec succès.

Elle enfile une robe noire au décolleté vertigineux et couvre ses épaules avec une veste en lin. Comme à chaque fois, je suis subjugué.

On ne s'attarde pas. Les pleurs de notre fille lors de nos dernières sorties ne facilitaient pas la relaxation. Mais cette fois, pas de soucis. Elle joue, nous dit "au revoir" et retourne dans sa chambre.

Nous rejoignons la voiture et plongeons dans les embouteillages.

Nous arrivons avenue George V juste à l'heure indiquée sur les invitations. Pa ne sait toujours pas ou nous allons. Nous nous garons entre 4 Porsche. Et prenons la première sortie du parking. Le hasard fait bien les choses. Nous sortons à la lumière du jour et nous retrouvons en face d'un gendarme royal du Canada qui nous souhaite la bienvenue en nous ouvrant la porte.
Nous entrons dans un petit hall. Une hôtesse réceptionne nos invitations, nous donne des billets et nous invite à descendre un escalier. Le lieu est chargé de mémoire. Des noms de célébrités tapissent les murs parés de rouge. Nous arrivons devant un pupitre, présentons nos billets, et nous faisons accompagner jusqu'à nos places.

La salle est toute petite. Très confinée. Bas de plafond, baignée dans une lumière douce et intime.
Il ne fait pas très chaud et à mon grand désespoir, Pa ne quitte pas sa veste. Les sièges sont raides, et finalement très peu confortable. Nous sommes immédiatement pris en charge par le personnel. L'un nous donne la carte des breuvages, un autre celle des mets, enfin un dernier vient nous prendre en photo.

Après quelques minutes de réflexion, nous refusons poliment le caviar à 1350€, et prenons un gin tonic pour Pa et un porto pour moi. Gin tonic qu'elle entamera à peine. L'alcool n'est définitivement pas à son gout.

Nous regardons les spectateurs s'installer. La grande majorité a entre 40 et 50 ans. Mais quelques jeunes sont là. En couple ou entre amis.

Puis la lumière baisse, le volume de la musique augmente et un écran descend devant la scène. Il se découpe en 3 parties carrées qui dévoilent des ombres chinoises projetées. Des danseuses passent et repassent jouant sur la distance à l'écran pour paraitre grande ou petite. Après quelques secondes de réflexion intense, je me rends compte que ce ne sont pas des ombres projetées mais bien une vidéo diffusée.

Puis arrive enfin le premier tableau. "Crisis". Une business woman semble abattue sur son bureau. Fait voler les documents et entame un striptease. Les gestes sont précis. On sent que les danseuses ont une solide formation de danse classique. On découvre LA spécialité du Crazy horse. La projection d'effet lumineux sur le corps des danseuses.
Les courbes de la bourse se transforment en flamme et se retrouvent projetées sur son corps.

Fin du tableau, une nouvelle vidéo. En fait, Les numéros sont entrecoupés de petits films, films à la mémoire du Crazy Horse ou artistique.
Arrive alors l'une des chansonnettes les plus célèbres liées à l'histoire du cabaret. Zou Bi Zou Bi Zou. Interprétée par une danseuse coquine qui a revêtu la traditionnelle perruque au carré.

Suivent alors "baby buns", un morceau ou les danseuses jouent à nous montrer leur fessier sur une barre de danse et "EVOLution", une scène onirique dans laquelle deux danseuses tournent montées sur un anneau gigantesque.
Suit "Teasing". Un panneau occulte l'ensemble de la scène à l'exception d'un cadre qui laisse apparaitre les fesses et les jambes longues et fuselées d'une danseuse. Danseuse qui exécute un striptease, enlevant jarretière et string.

Cette première partie de spectacle se termine par "God Save Our Bareskin". Le numéro ultra-connu du cabaret pendant lequel les danseuses portent le fameux bonnet noir en poil d'ours des Coldstream Guards. Un tapis roulant astucieusement dissimulé permet à quelques-unes unes d'entre elle de passer en revue la troupe.

Le rideau se ferme et la lumière revient doucement à la fin du numéro.

Immédiatement, un serveur nous apporte les même boissons sans qu'on ait à le demander (Pa demandera avec son plus beau sourire de remplacer son gin tonic par un jus d'oranges pressées)

Un projecteur nous indique le temps restant avant la fin de l'entracte.
Nous partageons nos premières impressions. Nous sommes assez surpris par la qualité des numéros. Pa a été assez refroidi par le premier tableau (le striptease de la business woman). Il est vrai que ce show représente le fantasme masculin typique, pas vraiment le sien. Et elle s'est imaginé que la suite du spectacle serait du même acabit.

Le rideau se rouvre sur "Upside Down", un numéro crée par Philippe Découflé, le nouveau directeur artistique de l'établissement. Pour celui-ci, un miroir a été installé sur la scène. Et les corps des demoiselles apparaissent ainsi dédoublés.

Suit le moment qui a le plus déchainé la salle. Un morceau de claquette par Roman et Slava, 2 danseurs qui savent faire des claquettes évidemment mais qui savent aussi jouer avec le public. Leur numéro est long mais surement pas ennuyeux. On se demande surtout comment ils font pour tenir aussi longtemps. Il n'y a pas de temps morts et les applaudissements sont nourris.

Reviens alors un numéro de striptease (dont j'ai oublié le nom), dans un univers bleuté, un fauteuil aux formes sensuelles accueille les courbes d'une danseuse qui s'effeuillera doucement.

Une fois de plus, le refrain " Zou Bi Zou Bi Zou" revient nous hanter. C'est vrai qu'il est dur de s'en débarrasser après une soirée comme celle-ci. Cette fois, la danseuse profite d'une balançoire judicieusement bien placée pour pousser la chansonnette.

Suivent "But I Am Good Girl", ou une danseuse, reprenant une chanson de Marylin Monroe joue entre deux panneaux incrustés de brillants, puis un numéro de pirates très dénudées jouant avec un cordage à gros torons, ensuite, 3 danseuses en lingerie rouge jouent avec les éclairages rouges eux aussi, pour faire disparaitre leur maigre pièce de vêtement.

La fin du spectacle approche. "Jungle fever". Nooka Karamel se débat dans une cage faite de barreaux de latex. C'est très sauvage. Mais un peu long aussi.

Le final retrouve la tradition du Crazy Horse avec "Les étoiles de Paris". Toutes les danseuses (ou presque) sont sur la scène. Elles ne sont habillées que d'une projection d'étoiles.

Le spectacle se finit en beauté. Cela a duré 1h30, mais honnêtement, on ne voit pas le temps passer. Les danseuses sont évidemment très belles, mais c'est surtout leur technique qui impressionne. Pour moi, loin d'être un objet de fantasmes, elles représentent la grâce et la sensualité
Nous passons par la boutique, Pa voulant voir s'ils vendent des nippies. Nous rejoignons la voiture. Entre le mail de K&S arrivé dans la journée et ce spectacle qui nous a émoustillé, nous sommes d'humeur coquine. Pa me jauge en prenant la pose sur le capot des Porsche. Mais ceci n'est qu'un jeu. Nous rentrons un peu à contre cœur à la maison. Et oui, la baby-sitter dort à la maison ce soir. Pas moyen de s'amuser.

Mais ca tombe bien, nous nous coucherons plus tôt. Et puis, elle doit se lever aux aurores. Nous en profiterons.



...
Et, nous en avons profités.



3 commentaires :

Palaume a dit…

Une soirée tellement sensuelle et d'une si grande créativité artistique, que des idées de poses me sont venues à la vue de ces corps féminins entrelacés.
Entre les jeux de miroirs, les paillettes, les talons, l'effeuillage... La carte mémoire de l'appareil photo risque d'être trop petite.
PA

M. Chapeau a dit…

Une soirée au Crazy ? Original pour une soirée romantique...

PA, nous attendons tes photos maintenant !

Jolie Libertine a dit…

merci pour votre témoignage et vivement les photos ;-)